Comment gérer sa multipotentialité lorsqu’on est thérapeute ? Interview de Sonia Valente

therapeute et multipotentiel miniature

J’ai pour la première fois entendu parler de multipotentialité lorsque Sonia m’a contacté pour la création de son site web. 

Tout de suite, j’ai été interpellée par ce terme car je me suis retrouvée dans les caractéristiques de ce profil de personnes : curieuses, touche-à-tout, qui aiment tester et démarrer plusieurs activités et se lassent tout aussi vite.

J’ai ensuite fait un parallélisme avec les thérapeutes. Nous sommes nombreuses et nombreux à aimer nous former, apprendre de nouvelles compétences pour enrichir notre pratique.

Cela fait-il de nous des personnes multipotentielles ? 

Comment gérer cette boulimie de formations qui souvent ne sont pas appliquée dans la vie quotidienne ?

Sonia, coach et experte de ces profils atypiques, nous explique tout cela dans l’interview ci-dessous. 

 

Bonjour Sonia, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis coach certifiée en reconversion professionnelle et rédactrice de contenu.

Passionnée par l’évolution du monde du travail et la psychologie humaine, j’écris sur les thèmes de l’emploi, du futur du travail, des RH, de la formation, du développement personnel ou encore du bien-être.

J’ai créé Move On Up, un site web dédié aux multipotentiels pour les aider à trouver et choisir un projet professionnel adapté à leur personnalité.

Je suis aussi l’auteur du livre Comment trouver sa place quand on ne rentre dans aucune case – Le guide des multipotentiels dans le monde du travail, paru aux éditions Eyrolles.

Qu’est-ce que la multipotentialité ?

La multipotentialité désigne la capacité et la préférence d’une personne à avoir des compétences dans plusieurs domaines professionnels. Aussi, de par sa curiosité débordante, cette personne a des intérêts divers et variés, et donc des difficultés à faire des choix de carrière, d’orientation. Elle aspire à explorer tous ses intérêts et à accomplir ses différents projets pro.

Dans le travail, c’est un collaborateur qui s’ennuie vite sur des postes d’exécution caractérisés par des tâches répétitives. Au quotidien, il se pose régulièrement des questions commençant par « pourquoi ». Pourquoi fait-on ceci ? Pourquoi ce process existe-t-il ?

Son mode de fonctionnement lui permet d’avoir une palette de compétences variées et généralistes, constituées pour beaucoup de compétences transférables et de soft skills (compétences douces).

" Une personne multipotentielle aspire à explorer tous ses intérêts et à accomplir ses différents projets pro. "

On entend beaucoup parler de douance, de personnes hypersensibles, zèbres, à haut potentiel (HP) et de surdoués. Est-ce la même chose qu’être multipotentiel ? Quelles sont les différences ?

La réponse n’est pas simple. Premièrement être hypersensible n’a pour moi rien à voir avec la multipotentialité. C’est une caractéristique qui peut toucher n’importe qui.

Deuxièmement, zèbre, HP et surdoués, douance : c’est la même chose pour dire surdoué. Pour comprendre pourquoi on assimile souvent “multipotentiel” à surdoué, il faut repartir quelques années en arrière.

Si l’on décortique le mot “multipotentiel”, il s’agit simplement d’une personne ayant de multiples potentiels. Le mot “potentiel” doit s’entendre dans un sens large : avoir des compétences, des atouts, être doué pour quelque chose.

Dans les années 90, la multipotentialité était associée à un QI plutôt élevé. Donc être multipotentiel ce n’était pas juste être doué, mais être surdoué. Dans cette “théorie”, la multipotentialité est donc utilisée comme un qualificatif du champ lexical de la douance. Et on trouve toujours des ouvrages ou des professionnels qui associent multipotentiel et surdoué.

Depuis plus de 10 ans, ce terme s’est émancipé des surdoués pour devenir une notion à part entière, utilisée dans le milieu de l’entreprise et éducatif. Il faut donc voir cette notion sous le prisme du travail où l’on a, d’un côté les travailleurs multipotentiels qu’on peut appeler aussi généralistes, et de l’autre côté les travailleurs spécialistes.

Dans ce contexte, les multipotentiels désignent les travailleurs qui, de par leur curiosité développée, ont de nombreux centres d’intérêt parfois très différents, ont un champ de compétences varié sans avoir une préférence qui sort du lot. On ne parle pas de QI ou d’autres raisons biologiques.

D’ailleurs, on peut même dire qu’au-delà d’être un mode de fonctionnement personnel, c’est presque un phénomène socio-professionnel puisque beaucoup de jeunes issus de la génération Y et Z préfèrent une carrière multi-expériences.

De nombreux praticiens sont devenus thérapeutes suite à une reconversion professionnelle. Une autre caractéristique est leur curiosité qui les pousse à toucher à tout et à se former en permanence. Leur besoin d’apprendre est très vif. Peut-on en déduire que les thérapeutes sont multi potentiels ?

Même si c’est vrai qu’on trouve des caractéristiques comme la curiosité, l’envie de toucher à tout et le besoin d’apprendre, il me semble que c’est tirer une conclusion un peu rapide !

Cela mériterait de poser plus de questions pour pouvoir le dire et en soit, je ne pense pas que ce soit utile de coller une étiquette “multipotentiel” aux thérapeutes.

Le plus important est de voir la multipotentialité comme un outil de compréhension et non comme un outil d’identité.

"Le plus important est de voir la multipotentialité comme un outil de compréhension et non comme un outil d’identité."

Aurais-tu des ressources, outils, lectures pour aider les thérapeutes à connaître leur profil ?

S’ils se reconnaissent dans la définition que j’ai donnée plus haut, je leur recommande :

Les thérapeutes multipotentiels ont tendance à s’éparpiller dans leur activité, de par leur nature curieuse. Cela peut porter préjudice à leur activité. Quels conseils peux-tu leur donner pour exploiter leur multipotentialité et la mettre au service de leur activité professionnelle ?

Tout d’abord, je leur conseille de programmer des plages horaires pour laisser exprimer leur curiosité et s’y tenir ! S’intéresser à autre chose au travers des lectures, des activités est important car cela permet de stimuler la pensée et par analogie, la créativité.

Ensuite, je dirai ordonner ses projets en tâches soit par ordre d’urgence, par ordre de facilité, par ordre motivation en fonction de ce qui met naturellement en mouvement la personne.

Merci beaucoup Sonia d'avoir répondu à ces questions. À bientôt !

sonia valente portrait

Sonia Valente, coach certifiée en reconversion professionnelle.

Retrouvez plus d’informations sur les activités de Sonia et découvrez le test pour savoir quel mode de travail est fait pour vous sur son site move-on-up.fr.

Cette interview vous a plu ? N’hésitez pas à la partager. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J'accepte la politique de confidentialité*

Lire d'autres interviews ...

Scroll To Top